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Almeria

ALMERIA, LA TOUR DE VIGIE DE LA MÉDITERRANÉE ANDALOUSE

La province d’Almeria se situe à l’extrémité orientale de la communauté autonome andalouse et sa capitale homonyme représente un paisible balcon jouissant d’une vue privilégiée sur la portion de la Méditerranée qui baigne sa côte. C’est tellement vrai que la signification de son nom au moment de sa fondation en 955 av. J.-C. par Abd Al-Rahmân III, à savoir Al-mariyyat Bayyana, s’avère être « tour de vigie de Pechina », une ville voisine.

La population de la capitale almeriense frise les 200.000 habitants, chiffre qui a presque doublé au cours de ces quarante dernières années. Il s’agit sans aucun doute de la ville espagnole qui a subi la plus grande croissance démographique grâce au « miracle du plastique », car l’immense mer blanche de serres qui accapare notre rétine en arrivant par la route est le moteur principal de l’économie locale. En effet, la grande majorité des tomates et concombres consommés en Europe sont cultivé ici !

D’autres habitants ont peuplé cette zone avant la fondation arabe : les Ibères dans leur ville d’Urci ou les Romains dans leur colonie de Portus Magnus, un prospère port consacré au commerce du poisson, des salaisons et de la réputée sauce de poisson garum ; sans parler des cultures de Los Millares et El Argar, datant de l’âge du cuivre et du bronze respectivement. Néanmoins, ce fut pendant le Califat Omeyyade qu’Almeria acquit une grande importance (en devenant le siège de la flotte califale), pour atteindre par la suite son plein apogée culturel et commercial durant la Taïfa gouvernée par Al-Mut’asim Bi-llah au cours de la deuxième moitié du XIème siècle.

Bien des monuments de la ville datent de cette époque de prospérité, notamment ceux qui sont concentrés dans le quartier de l’Almedinilla. La promenade commence depuis l’église de San Juan (originellement mosquée majeure de la ville et plus tard ancienne cathédrale détruite par le tremblement de terre survenu en 1522), pour ensuite continuer à déambuler parmi ses ruelles étroites de charme mauresque, ses petites maisons colorées et finir sur les portes de la forteresse de l’Alcazaba. Cet énorme ensemble monumental du IXème siècle constitue un superbe témoin de l’architecture militaire arabe dans la péninsule Ibérique, uniquement éclipsée par l’Alhambra de Grenade, qui est pourtant quelque quatre siècles plus récente. Au sujet de cette rivalité comparative sempiternelle, il existe un amusant proverbe affirmant que « l’Alcazaba d’Almeria s’élevait bien haut lorsque Grenade n’était qu’un hameau ».

Après une invasion almoravide, une prise chrétienne, une reprise almohade et son incorporation postérieure au Royaume Nasride de Grenade, la ville d’Almeria est à nouveau reprise par les chrétiens à la suite de sa capitulation devant les Rois Catholiques vers la fin de l’an 1489. La séismologie tellement active de la zone s’acharne contre la ville, en provoquant deux grands tremblements de terre en seulement 25 ans, qui, ajoutés aux épidémies et aux attaques des pirates, entraîneront une énorme régression démographique, économique et culturelle pendant le XVIème et XVIIème siècle. De cette période datent la Plaza de la Constitución, les couvents de Las Puras et de Las Claras, la magnifique église de Santiago et celle de San Pedro el Viejo… Malgré ces chefs-d’œuvre, la construction la plus remarquable de cette période est celle de l’authentique et particulière Cathédrale-Forteresse de l’Incarnation (début du XVIème siècle), située en plein centre-historique. En effet, sa caractéristique la plus singulière est le fait qu’il s’agit d’un édifice qui remplissait une fonction défensive éminente pour la ville – mise à part sa fonction religieuse bien entendu – puisque les pirates barbaresques représentaient une menace constante pour la population. Le temple a été dessiné par le célèbre architecte Diego de Siloé, et il a été renforcé à plusieurs reprises, jusqu’à acquérir son aspect final, disposant de contreforts, créneaux, terrasses avec canonnières, tours de vigie, etc. Il comporte également une splendide coupole de la Renaissance, ainsi que deux portes monumentales du même style et un formidable cloître intérieur néoclassique. Il faut souligner que c’est sur les murs de la Cathédrale que l’on trouve en haut-relief le Soleil de Portocarrero, ceci étant l’emblème de la ville avec l’Indalo (une célèbre représentation d’une figure de l’art rupestre d’Almeria).
Une visite qui vaut également la peine est celle du Sanctuaire de la Virgen del Mar, patronne d’Almeria, car il s’agit d’une des églises les plus belles de la ville.

Vers la fin du XIXème siècle, la ville subit un grand relèvement, dont témoignent la gare, l’attirant et coloré Marché Central (récemment rénové) et, au début du XXème siècle, la formidable structure en fer construite sur la mer connue sous le nom du Cable Inglés.

Avec un paysage désertique et un climat aride, la province d’Almeria est peut-être plus connue de tous en raison de ses espaces naturels, tels que le paradisiaque Parque Natural Cabo de Gata-Níjar avec ses plages presque vierges, ou le désert de Tabernas, la Mecque du « western spaghetti ». En fait, parler d’Almeria c’est surtout parler de cinéma, car c’est ici que l’on a tourné de nombreux films qui ont fait date dans l’histoire du cinéma, notamment dans les années 60 et 70 : « Lawrence d’Arabie », « Le Bon, la Brute et le Truand », « Pour une poignée de dollars », et d’autres plus récents tels qu’ « Indiana Jones et la Dernière Croisade » ou « Conan le Barbare ». De ce fait, il existe à Almeria un parc thématique Mini Hollywood consacré au septième art, en plus d’un musée cinématographique appelé la Casa del Cine, où John Lennon lui-même a composé certains de ses succès les plus connus.

Pour une immersion dans la culture autochtone d’Andalousie, nous vous recommandons de vous rapprocher de l’origine, l’évolution et l’histoire de l’instrument musical propre à ce pays au sein du fascinant « Museo de la Guitarra ». C’est en effet un musée interactif qui retrace le parcours chronologique de la guitare au fil des siècles. De surcroît, ce musée est aussi centré sur l’art de la lutherie.

D’autre sites d’intérêt touristique, soit dans le domaine culturel soit dans celui de la détente, sont le parc Nicolás Salmerón, la promenade maritime, le musée-abri de la Guerre Civile espagnole, le Centre Andalou de la photographie et l’École d’Art, dont le siège est un bâtiment enclavé dans le centre ville qui possède un ancien cloître ayant appartenu autrefois aux Dominicains, où l’on a tourné et l’on continue à tourner de nos jours de nombreux films et où l’on peut assister à diverses expositions.

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