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Cordoba

SULTANE CORDOUE, QU’EST-CE QUE JE T’AIME ! (chanson populaire)

Depuis sa fondation jusqu’à nos jours, la belle ville de Cordoue, située dans le cœur de l’Andalousie, a trouvé dans le fleuve Guadalquivir une passerelle vers le reste du monde permettant sa diffusion culturelle et commerciale. Cordoue, capitale de la province homonyme, est la troisième plus grande ville de la région, frisant les 330.000 habitants. Toute la ville est parsemée de sculptures consacrées aux Cordouans les plus illustres, tels que Sénèque, Averroès, Maimonide, Abd Al-Rahmân I, Ibn Hazm et j’en passe…sans oublier le saint patron de Cordoue, Saint Raphaël.

Mai est le grand mois pour Cordoue, car il regroupe tous les événements culturels et sociaux les plus importants. Tout démarre avec la « Bataille des fleurs », un très drôle défilé où les participants, parés des costumes régionaux, lancent des œillets au public qui doit, à son tour, les relancer aux participants. Ensuite, on profite des Croix de Mai, fête pendant laquelle chaque place (petite ou grande) de la ville est décorée avec une grande croix faite de fleurs autour de laquelle les voisins placent des outils agricoles, de la céramique typique, des pots de fleurs débordants de couleur et…des comptoirs pour manger ! Après cette fête, c’est au tour des célèbres Concours des Patios et de Grillages et Balcons, d’authentiques spectacles visuels ! La festivité qui clôture le grand moi est la Feria de Notre Dame de la Santé, un autre clair exemple des animées foires d’été andalouses.

Les responsables de la première période de gloire de Cordoba furent les Romains (s. II av. J.-C), après l’avoir établie comme capitale de la Hispanie Ultérieur. Le commerce et la culture étaient florissants, en favorisant un grand enrichissement des infrastructures et des monuments. C’est ici que naquit le poète romain Lucano. Quelques témoins de cette époque sont le célèbre Pont Romain (du moins sa structure originale), quelques pans de muraille, le Temple Romain, le Théâtre Romain le plus grand de toute l’Hispanie, découvert sous le Musée Archéologique et Ethnologique de Cordoue, le Forum colonial, le Cirque romain…entre autres. Hélas, à la suite du transfert de la capitale de Corduba à Hispalis (actuellement Séville), celle-là subit une soudaine régression culturelle et économique qui se prolongea durant toute la période d’occupation wisigothique (s.VI-VIII).

Plusieurs années après l’invasion musulmane de la péninsule Ibérique survenue au début du VIIIème siècle, Cordoue fut prise par l’Omeyyade Abd Al-Rahmân I, qui constitua un émirat indépendant de Damas, dit Al-Andalus, avec Cordoue même pour capitale. Cet émir entama la première grande expansion de l’archiconnue Mosquée de Cordoue (à l’heure actuelle Cathédrale de la ville), déclarée Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1984. Ses successeurs menèrent à bien plusieurs agrandissements de plus en plus imposants. Au Xème siècle, Abd Al-Rahmân III rend Cordoue la capitale d’un califat indépendant, augmentant ainsi son pouvoir et son influence politique et religieuse. Le grand essor de cette époque est manifeste surtout quant à la construction. Il faut souligner les Bains Califaux et l’ensemble archéologique de Medina Azahara (Madinat Al-Zahra), une éphémère mais somptueuse ville située extra-muros qui est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture hispano-musulmane. D’autres petites perles qui datent de la même période sont la Noria de l’Albolafia et les Moulins du Guadalquivir, qui se trouvent dans le lit du fleuve encadrés par le Site naturel de Los Sotos de l’Albolafia (entre le Pont Romain et celui de Saint Raphaël), ayant une valeur inestimable pour des nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs. Toutefois, l’écroulement du Califat cordouan au XIème siècle fait de Cordoue un royaume de taïfa décadent.

Ferdinand III dit le Saint reprend Cordoue en 1236 pour le Royaume de Castille. Sous son règne sont construites les 14 églises dites « ferdinandines », la plupart desquelles existent encore aujourd’hui (par exemple la basilique mineure de Saint Pierre, église de Saint Paul…) Curieusement, la grande majorité de ces églises qui étaient des mosquées reconverties avaient été à leur tour des églises pendant la domination wisigothique.
L’économie cordouane pâtît substantiellement des divers coups durs portés par les siècles XIVe et XVe : une guerre civile, deux grandes épidémies de peste noire, l’expulsion des juifs d’Espagne décrétée par les Rois Catholiques après la prise de Grenade… Il ne faut pas oublier que les Juifs avaient une importance capitale tant sur le plan culturel que sur le plan économique. De nos jours, il y a plusieurs monuments incontournables dans l’ancien quartier juif, tels que la synagogue et la Casa de Sefarad, un musée consacré à la culture, la tradition et l’histoire séfarades. En dépit de la décadence du XVIIème siècle, les édifices baroques de Cordoue reflètent un raffinement et une richesse surprenants.

Dans la partie sud-ouest de l’étendu centre historique de Cordoue, déclaré Patrimoine Mondial de l’Humanité en 1994, se trouvent les monuments les plus remarquables de cette étape : l’Alcazar des Rois Chrétiens avec ses jardins et les Écuries Royales (Caballerizas Reales), dédiées à l’élevage du cheval andalou. La fameuse Plaza de la Corredera est un peu postérieure. Il s’agit d’une majestueuse place rectangulaire qui présente des belles arcades et des magnifiques ensembles de balcons, un endroit utilisé au long de l’histoire pour des échanges commerciaux, des festivités - même des spectacles taurins ! – mais lamentablement aussi pour des autodafés et des exécutions.
Les néfastes événements du XIXème siècle (invasion napoléonienne, guerres Carlistes) ont provoqué que le relèvement et l’exploitation du patrimoine infini de Cordoue n’arrive que bien avant dans le siècle passé.

Dans la Cordoue actuelle subsistent trois portes anciennes : la Porte d’Almodóvar, la Porte de Séville et la Porte du Pont, toutes les trois de très belle facture, en plus de nombreux palais ou manoirs tels que le Palais de Viana, qui abrite un complet musée de tapis et de toiles. D’autres musées (outre ceux déjà cités) sont le Musée de Julio Romero de Torres, le Musée de l’Inquisition (ou galerie de la torture), le Musée Provincial de Beaux Arts, le Musée d’ethnobotanique et paléobotanique, le Musée taurin et notamment le Musée Regina, dédié à la réputée orfèvrerie cordouane, un secteur de poids dans la ville dont sa tradition remonte à l’ère romaine. La Plaza de toros de los Califas (c.-à-d. les Arènes des Califes) est aussi digne de mention.

Mais la terre natale du peintre Julio Romero de Torres et de l’écrivain Luis de Góngora se distingue également de par ses nombreux espaces verts (Jardines de la Victoria, Parque de los Patos, Parque Cruz Conde, Parque de la Asomadilla, Jardines de Colón…) et de par sa savoureuse gastronomie. Ses plats star sont le « salmorejo » (une délicieuse crème froide à base de tomate, huile d’olive, mie de pain, ail, vinaigre et sel), les « flamenquines » (des rouleaux de filet de porc farcis de jambon de pays et fromage, panés et frits dans l’huile d’olive) et certainement, la queue de taureau aux épices cuisinée au vin rouge. Et, comme dessert, le délicieux pastel cordobés (gâteau cordouan), un feuilleté farci de confiture de cédrat, dit « cheveu d’ange ». Pour arroser ces recettes géniales, rien de mieux qu’un bon vin de Montilla-Moriles, appellation d’origine contrôlée.
Pour tout cela et pour bien d’autres raisons, Cordoue est une destination qu’il ne faut pas manquer !

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