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Huelva

Huelva, la ténacité et la lutte contre les affronts de l’histoire.

La province de Huelva, limitrophe du Portugal, est la plus occidentale de toute l’Andalousie. Ses habitants et ses pays sont un modèle de lutte et de dépassement face aux revers de l’histoire, comme nous le verrons plus loin. La ville de Huelva, capitale de la province homonyme, se situe dans une petite péninsule baignée et flanquée des deux côtés par les fleuves Tinto et Odiel. Les quelque 150.000 habitants onubenses (nom qui reçoivent ceux qui sont originaires de Huelva en raison de son ancienne dénomination Onuba) sont un échantillon représentatif du creuset de cultures qui forme la réalité andalouse à la suite du passage de tant de peuples et cultures.

En effet, les entrailles de ces terres, représentant l’une des zones de plus haute concentration de minéraux métalliques à l’échelle de la planète, ont été exploitées sans répit depuis presque 5.000 ans afin d’en extraire leur précieux trésor, d’où la couleur caractéristique des eaux du fleuve Tinto, plutôt propre au vin qu’à l’eau, qui donna lieu à son nom. Les habitants du peuple de Tartessos combinèrent la garde des troupeaux et l’agriculture avec le travail dans les mines et le grand commerce que celui-là générait, si bien qu’ils vécurent des époques de grande splendeur. En revanche, les Phéniciens sont parvenus à les ruiner en coupant leurs routes commerciales avec les peuples de la Méditerranée pour ensuite occuper leurs terres, en convoitant leurs ressources inépuisables. Quelques décennies plus tard, les Romains en firent autant, procurant ainsi à l’empire un filon métallurgique incessant.

Après bien des siècles de continuel déclin, Huelva revint au premier plan mondial lors de la découverte et la colonisation de l’Amérique. N’oublions pas que la toute première expédition de Christophe Colomb partit le 3 août 1492 précisément d’un port de la province de Huelva : celui de Palos de la Frontera. Les marins onubenses qui prirent la mer en cherchant une vie meilleure furent alors innombrables. Il n’est pas étonnant que les liens de fraternité entre Huelva e l’Amérique hispanique soient restés si proches jusqu’à présent. En fait, presque 70% des premiers colonisateurs étaient des Andalous, dont de nombreux citadins de Huelva, d’où le fait que l’espagnol parlé de nos jours en Amérique partage quasiment tous les traits avec les parlers d’Andalousie occidentale ! C’est si vrai que les Fiestas Colombinas, qui commémorent le premier départ de Colomb dont nous avons déjà parlé, restent à l’heure actuelle les fêtes prépondérantes et les plus populaires de la ville. C’est alors que les onubenses se soulagent de la chaleur de cette époque de l’année en préparant le « ponche colombino », c’est-à-dire, la boisson typique de la ville. Pour les passionnés de l’histoire, je recommande passer voir le Muelle de las Carabelas (quai des caravelles) pour contempler les répliques des trois navires découvreurs d’Amérique : les caravelles « Pinta » et « Niña », et la nef « Santa María ».
Néanmoins, au siècle suivant le malheur frappa les habitants de Huelva à plusieurs reprises : deux épidémies de peste, des attaques de pirates barbaresques, l’exile massif de la population vers l’Amérique et pour couronner le tout, les terribles dégâts occasionnés par le tremblement de terre de Lisbonne de 1755.
Plus tard, au XIXème siècle le gouvernement espagnol a permis la vente des mines de Riotinto aux Anglais, qui ont réussi à créer une grande prospérité et ont transformé la ville dans un petit territoire britannique. Ainsi, ça a été curieusement Huelva la ville qui a donné le jour au premier club de football espagnol, le Recreativo de Huelva, en 1889. La Casa Colón, l’un des bâtiments les plus emblématiques de toute la ville, c’est un échantillon de l’essor connu dans cette période.

D’autres monuments remarquables (du fait de leur valeur culturelle, historique ou religieuse) de la province natale du renommé homme de lettres Juan Ramón Jiménez, prix Nobel de littérature en 1956, sont le Grand Théâtre, la Cathédrale de la Merced, le Monastère de la Rábida (lieu où Colomb planifia les détails de son voyage), le sanctuaire de la Vierge de Cinta, et bien sûr les Arènes (Plaza de Toros) de la Merced, cœur d’une tauromachie très enracinée dans cette terre qui élève et fournit tant de taureaux de combat à l’échelle internationale. Par ailleurs, ça vaut la peine de visiter le Port Intérieur et le Port Extérieur, et de faire une promenade dans le Recinto Colombino, près du port, afin d’explorer le bruyant marché aux puces qui y est installé tous les vendredis.
Cependant, l’évènement le plus populaire de la province est sans doute l’archiconnu Pèlerinage de la Virgen del Rocío, qui part chaque printemps de tous les coins de l’Andalousie en attirant presque un million de dévots, qui accomplissent leur périple soit à pied, soit en carrosse ou en chariots tirés par des chevaux, tel qu’ils le faisaient autrefois. Le couronnement de l’évènement a lieu lors de l’arrivée à l’Ermitage du Rocío (dans le village d’Almonte) et le « saut de la grille », que les garçons effectuent pour sortir en procession la « Blanca Paloma » (nom donnée à la Vierge del Rocío) afin de lui consacrer des chants et prier avec elle. De surcroît, cet ermitage se trouve en plein cœur du Parc National de Doñana, déclaré Réserve de la Biosphère par l’UNESCO, qui représente l’habitat d’espèces menacées d’extinction telles que le lynx ibérique, l’aigle impérial ou la tortue mauresque.

L’environnement naturel de la capitale onubense n’est pourtant pas en reste. Nous y trouvons les Marismas del Odiel (aussi Réserve de la Biosphère), l’énorme et très ancien Parc Moret (plus de 70 ha. de surface) et en plus, en combinant la nature et le divertissement, le Parque de las Palomas, les Jardines del Muelle, et le parc de la Avenida Andalucía.
Si nous partons explorer l’arrière-pays de cette province, nous trouverons la ville médiéval de Niebla, disposant d’une enceinte fortifiée d’époque almohade fantastiquement bien conservée ayant plus de deux kilomètres de périmètre, qui protège à l’intérieur le Château des Comtes de Niebla (s. XV) et d’autres perles architectoniques. La visite idéale de Niebla est en novembre, pendant le pont de la Toussaint, moment où la ville voyage dans le temps en se transformant dans la Niebla du Moyen Âge.
Finalement, afin d’ouvrir l’appétit, permettez-moi souligner le très haut niveau de qualité dont jouit la gastronomie de Huelva. Qui ne connait pas le jambon de Jabugo (appellation d’origine contrôlée), ou les fraises de Moguer ? Sans parler de la renommée des fruits de mer pêchés dans la Baie de Cadix et des vins AOC « Condado de Huelva », qui font les délices des visiteurs…

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