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Séville

SÉVILLE A VRAIMENT UNE COULEUR SPÉCIALE !

La capitale de l’Andalousie s’étend près du fleuve Guadalquivir et représente depuis des temps immémoriaux une importante enclave de convergence de routes terrestres et même maritimes, en raison de sa condition de port fluvial débouchant sur l’Atlantique. Sa population frise les 700.000 habitants, quoique le chiffre à l’échelon provincial s’élève à presque deux millions de personnes ! Séville est connue entre autres raisons pour être le sanctuaire de la tauromachie, pour le caractère affable et blagueur de ses gens, ainsi que pour la passion qu’ils éprouvent pour leur Semaine Sainte et leur Feria de abril. D’autre part, sa variété de musées est presque inépuisable : le musée des Voitures à Cheval, celui des Arts et des Coutumes, celui de la Danse Flamenco, celui des Beaux Arts…

Pour retrouver l’origine de Séville il faut remonter au peuple prospère de Tartessos (s. VI av. J.-C.), dont son florissant commerce de métaux précieux s’étendait sur toute la Méditerranée et dont sa renommée et sa richesse sont même constatées dans plusieurs écrits bibliques. En effet, « le peuple de Tarssis » (nom du Guadalquivir à l’époque) exportait en abondance de l’argent, de l’or, de l’étain et du plomb. Mais les Carthaginois convoitèrent cette prospérité et s’emparèrent de tout, après avoir asphyxié Tartessos sur le plan économique en coupant toutes ses routes commerciales, lesquelles passaient par le détroit de Gibraltar. Au début du IIIème siècle, Scipion, surnommé l’Africain, conquit la ville et la baptisa Hispalis. Près de cette grande ville commerciale fut fondée une ville résidentielle appelée Italica (dont son ensemble archéologique mérite bien une visite), laquelle deviendrait le berceau de grands empereurs tels que Trajan et Hadrien. Hispalis exportait des minéraux métalliques, du sel, du poisson… Néanmoins, la chute de l’Empire romain entraînerait l’arrivée des Wisigoths, qui gouvernèrent dans toute la péninsule Ibérique. De cette période obscure datent « Les étymologies » de Saint Isidore de Séville, une sorte d’encyclopédie qui résumait tout le savoir de l’époque et qui fut amplement utilisée et étudiée au Moyen Âge.

Mais au début du VIIIème siècle tout allait changer… L’entrée en trombe des troupes du Califat Omeyyade entama l’installation prolongée (pendant cinq siècles) de plusieurs peuples musulmans (dont les Omeyyades, les Almoravides et puis les Almohades), lesquels allaient changer la face d’Isbiliya (dénomination étant à l’origine du nom actuel de Séville) et enrichir l’architecture de la ville de façon très notable. La Giralda, la Tour de l’Or et les très célèbres Alcazars Royaux (Reales Alcázares) avec leurs jardins, tous étant des monuments emblématiques de Séville, représentent de très beaux échantillons de l’héritage musulman, qui toucha à son terme lors de la prise de Séville par Ferdinand III le Saint en 1248. Comme d’habitude, la mosquée majeure fut abattue afin de construire à sa place la cathédrale de Sainte Marie, considérée comme la cathédrale gothique la plus grande du monde en superficie. Les exportations vers tout le continent avaient toujours le vent en poupe (grain, huiles, vins, fromages, miel, cire, fruits secs, poisson en salaison, métaux, tissus et teintures).

Après la découverte du Nouveau Monde, Séville allait croître de façon exponentielle en raison de son économie basée sur le commerce qui la mena à bénéficier du monopole avec l’Amérique. Le commerce avec toute l’Europe prospérait à cette occasion grâce aux produits amenés d’outre-mer. De surcroît, les Rois Catholiques fondèrent ici la chambre de commerce connue sous le nom de Casa de Contratación, qui deviendrait plus tard les Archives des Indes, abritant jusqu’à nos jours toute la documentation de cette époque-là. Le fruit de tout cela fut que Séville devint la ville la plus grande de la couronne d’Espagne, commençant ainsi un vrai âge d’or des arts et des lettres. Par exemple, Séville fut le berceau de peintres réputés tels que Murillo, Velázquez et Zurbarán. L’achèvement de la cathédrale et la construction de l’Hôpital des Cinq Plaies (actuellement siège du Parlement Andalou) datent de cette période.

Au XVIIème siècle, à la suite des croissantes difficultés de navigation dans le Guadalquivir, Cadix prit le relais du monopole commercial après le transfert de la Casa de Contratación à cette ville, causant ainsi un grand préjudice à Séville. En revanche, il faut souligner la richesse conventuelle de ce temps-là. En effet, le nombre de monastères et couvents se montait alors à 73 !

Plus tard, au XVIIIème siècle est bâtie la Fábrica de Tabacos (de nos jours siège de l’Université) et les Arènes de la Real Maestranza, cœur de la tauromachie andalouse, qui comportent actuellement un intéressant musée taurin.

Au temps du romantisme (s.XIX), Séville est témoin de l’arrivée du chemin de fer, de la naissance du poète Gustavo Adolfo Bécquer et de la construction de l’emblématique Pont de Triana. Au XXème siècle, la capitale andalouse est fière de voir la construction de la magnifique Plaza de España et le Parque de Maria Luisa à l’occasion de l’Exposition Hispano-américaine de 1929. La ville subit une grande et profonde modernisation (des tramways, la canalisation du fleuve, l’aéroport…) dont le couronnement a lieu en 1992, avec la célébration de l’Exposition Universelle. Quelques écrivains sévillans importants de ce siècle sont les frères Manuel et Antonio Machado, Vicente Aleixandre, Luis Cernuda, parmi d’autres. Quant au monde du flamenco il faut souligner la Niña de los Peines, Antonio Mairena et – comment l’oublier ! – le fantastique Manolo Caracol.

Actuellement, Séville déborde de vie et de charme. La promenade en calèche n’est pas seulement typique pendant les jours de la Feria de abril, la fête la plus fameuse et importante de toute l’Andalousie, mais aussi à n’importe quel moment de l’année. En plus, la Semaine Sainte sévillane a été déclarée « d’intérêt touristique international », vue la dévotion de la ville envers cet évènement et compte tenu de l’effort et l’art mis en œuvre par les 60 confréries qui y prennent part.

Par contre, l’une des activités les plus appréciées par le visiteur c’est le fait d’« irse de tapas », c’est-à-dire aller de bar en bar pour déguster les spécialités gastronomiques locales, parmi lesquelles nous tenons à distinguer, en entrée, l’archiconnu gazpacho andalou, la salade sévillane, les olives assaisonnées de mil manières et de la charcuterie locale comme le menudo gitano. Comme plat principal, pourquoi pas une ternera (veau) à la sévillane, cuisinée au vin blanc et lardée avec des olives ? Et en dessert, nous vous proposons le melon doux de Marchena, les mostachones d’Utrera (une sorte de macaron) ou bien, pour les plus gourmands, les renommés yemas (jaunes d’œufs) de Saint Leandro.

Au bout du compte, comme le dit la célèbre chanson…Séville a une couleur spéciale !

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