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El Greco et sa demeure artistique d’adoption : Tolède
Par Jorge Carrillo

C’est peut être le destin qui fit de la vieille et vénérée ville de Tolède la terre ayant vu grandir le peintre de génie Doménikos Theotokopoulos, plus connu dans le monde entier sous le nom de ’’El Greco’’.

Bien qu’il soit né dans l’ancien royaume de Candie, c’est à dire la Crète (de là lui vient son surnom), qu’il se soit formé artistiquement sur sa terre natale et plus tard en Italie en suivant la formation de grands maîtres tels que Tiziano, Tintoretto, et Michel-Ange, c’est seulement en Espagne que le style propre à ce peintre atteint la quintessence de sa renommée.

En 2014, toute l’Espagne commémore chaleureusement et avec admiration les 400 ans du décès de ce peintre espagnol d’adoption. Cependant c’est Tolède qui en offre la meilleure représentation pour avoir été le centre névralgique de sa production artistique, de ses succès et de ses fracas, ses disputes et ses plaintes sur le prix de vente de ses cadres, son instabilité financière, son objectif réprimé de travailler pour la cour de Felipe II et sa reconnaissance toujours plus importante du style particulier de chacune de ses œuvres. A l’époque où vivait l’artiste, Tolède était l’une des villes les plus importantes et peuplées d’Europe, et la capitale religieuse du royaume d’Espagne. Tolède aujourd’hui s’apparente à un éternel tribu au Greco, la Mecque de ses œuvres.

Mais la reconnaissance et l’admiration suscitée ne se limite pas au territoire national. En effet de nos jours il est considéré comme l’un des plus grands artistes internationaux de tous les temps. Tant et si bien qu’après les trois premiers mois d’ouverture au public, l’exposition ’’El Griego de Toledo’’ atteint le chiffre record de un million cent mille visiteurs. Egalement un bon nombre de films pour la télévision et le cinéma ont été réalisés sur la vie de l’artiste depuis le début du XXe siècle.

Son œuvre, admirée aujourd’hui par les amateurs d’art du monde entier, est présente dans plusieurs musées. Ernest Hemingway lui-même restait en extase devant le cadre intitulé ’’Vista de Toledo’’ exposée au Metropolitan Museum de New York, qui montre les traits typiques de sa production artistique. L’emploi de palettes de couleur froides et ses jeux de lumières à la fois extraordinaires et irréels donnent à toutes ses créations un aspect fantasmagorique et largement déformé de la réalité.

Mais il n’en fut pas toujours ainsi. Comme il arrive à tous les grands artistes, Doménikos Theotokopoulos fut également un incompris à son époque, affublé d’égocentrisme et d’extravagance, du fait de ses manières portées à l’extrême qui lui conféraient un cachet si personnel. C’est en grande partie grâce au peintre basque Ignacio Zuloaga, que nous avons pu redécouvrir le Greco.

La combinaison de sa profonde dévotion catholique et la conjoncture politico-religieuse de l’époque font du Greco une ’’arme’’ picturale de la Contreréforme catholique pour lutter contre la Réforme protestante. On comprend mieux alors les commandes de dizaines de cadres sur la dévotion à des Saints et à la Vierge Marie. Mais son œuvre va bien au-delà de cela, incluant des portraits de très grande qualité et autres tableaux non religieux.

Si vous souhaitez vous immerger dans ce voyage culturel, artistique et mystique dans le temps, n’hésitez pas à venir visiter Tolède et ses lieux emblématiques tels que l’Eglise de Saint Thomas, l’Hopital Tavera, la Chapelle Saint Joseph, la sacristie de la cathédrale de Tolède ou encore le couvent Santo Domingo.

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