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Les Baléares, perles de la Méditerranée
Par Emmanuelle Poiret

Temps clair, main en visière, regard tourné vers l’horizon, à hauteur des côtes valenciennes et à 90 km environ pour la plus proche, se distinguent Majorque, Minorque, Formentera et Ibiza, les plus grandes, entourées d’îlots.
Bercées et maternées par la Méditerranée, cette jolie ribambelle d’espagnoles, que l’on rassemble sous le nom d’îles Baléares, ont grandi et construit ensemble leur histoire.
En bateau ou en avion, on passe aisément d’île en île. Si proches l’une de l’autre, elles ont grandi ensemble sous le regard bienveillant de la Méditerranée.
A l’image d’une famille, on y trouve alors la grande sœur Majorque, la discrète Minorque, la fêtarde Ibiza et la romantique Formentera. Chacune a su développer au fil des siècles sa propre identité.

Majorque, la grande soeur

Majorque, la plus grande de toutes, est aussi la plus contrastée. Si dans la baie de Palma, le tourisme s’est largement installé, il suffit de mettre le pied hors des sentiers battus pour se trouver aux portes d’un paradis fait de sentiers, de montagnes, de criques aux eaux saphir, de charmants villages et de nature sauvage.
Entre la Majorque des villes et la Majorque des champs, deux mondes et deux époques s’opposent. Avant l’arrivée des touristes, l’économie se concentrait dans l’intérieur des terres considérées comme plus fertiles que le littoral. Dans les années 60, alors que tous les regards sont rivés sur la baie de Palma, l’arrière pays reste à l’écart du boom touristique.
Quelques années plus tard, le tourisme rural prend sa place au cœur de l’île tout en préservant ce qui a toujours fait le charme et le caractère de ces terres fécondes. Et nombreuses sont les foires qui depuis des années rendent hommage à ce passé agricole dans les communes intérieures de l’île. Chaque village déploie alors sa fête automnale et arbore fièrement le produit autour duquel il a construit sa réputation : pour Caimari, l’huile d’olive, Porreres, les abricots, Buger, les cloches d’animaux…
"Dijous Bo" (entendez "Jeudi Bon"), la plus grande foire, a lieu chaque année en novembre à Inca. Expositions, démonstrations, concours d’animaux, vente de produits locaux… le salon de l’agriculture version insulaire !

Minorque, naturellement intemporelle

Minorque, réserve de la Biosphère, remporte à l’unanimité le titre d’île authentique.
Au fil des siècles, elle a su faire perdurer des traditions liées aux diverses invasions qu’elle connut. Ainsi, après le passage des Anglais au XVIIIe siècle, une véritable tradition du gin et de la culture du cheval s’est instaurée sur l’île !
A partir du km0 situé à Maó (Port-Mahon), un sentier appelé "Cami de Cavalls", chemin des chevaux, fait le tour de l’île. Ce chemin d’environ 180 kilomètres, que les sentinelles parcouraient à cheval pour assurer une surveillance depuis la côte, remonterait au XIVe siècle. Ses différents tronçons, dont les points de départ et d’arrivée sont accessibles par la route, font aujourd’hui le bonheur des randonneurs : aménagés pour le tourisme, on peut les parcourir à pied, à cheval ou à vélo et ils sont les meilleurs passages secrets pour accéder aux plus belles criques.

Véritable emblème de l’île, le mythe du cheval se répand jusque dans les villages. De loin, il n’est pas rare d’apercevoir dans les carrières se cabrer ces fiers équidés qui se préparent à donner l’un des plus beaux spectacles de Minorque dont le plus impressionnant se déroule à Es Mercadal. Cette fête d’origine médiévale a lieu pour la Sant Martí, le troisième week-end de juillet.
Dans un même tableau, apparaissent alors les différentes classes de la société qui, suivant un ordre précis, se présentent sur la place centrale du village : le caixer (cavalier) Sobreposat, le chef cavalier, le premier à ouvrir le bal, le caixer Pagès, un paysan de la commune, représentant les agriculteurs, le caixer Casat, représentant des artisans, la Capellada, représentant de l’église et le caixer Batlle, représentant de la municipalité. Tour à tour, ils défilent avec leur cheval qui se met à sauter et à danser au son du jaleo et des applaudissements de la foule.

Ibiza, paillette et bohème

Ibiza aujourd’hui connue pour sa vie nocturne était célèbre dès les années 60 grâce aux Hippies et à ses couchers de soleil que l’on admirait depuis le mythique Café del Mar.
Dans la longue histoire de l’île, la période hippie d’Ibiza est probablement l’une des plus révolutionnaires et influente. Au commencement de la période franquiste en 1936, de nombreux personnages politiques et du monde des arts viennent s’y réfugier. On surnomme Ibiza le "San Francisco européen" avec ses artistes, écrivains que l’on appelle localement "peluts" ("chevelus").
Si la fête continue de battre son plein, si les couchers de soleil n’ont en rien perdu de leur charme, l’île propose au-delà de la vie de paillettes et de bohème une culture et un patrimoine naturel et historique de toute beauté.
Le centre historique d’Ibiza, les plages et les calanques d’une clarté troublante… un mélange culturel et une diversité biologique qui ont valu à l’île le grand mérite d’être classée au patrimoine de l’Unesco.

Formentera la romantique

On lui prête des vertus relaxantes tant cette île est la plus paisible et la plus petite des quatre. Véritable havre de paix pour les couples, elle est aussi un refuge apprécié notamment des fêtards venus chercher la tranquillité et recharger leurs batteries loin de la sulfureuse Ibiza.
Accessible uniquement en bateau depuis Ibiza, elle a été classée au Patrimoine de l’Humanité en 1999.
Constamment purifiées par un herbier de posidonies, les plages de l’île sont d’une remarquable transparence, un cadre exceptionnel déclaré "Forêt sous-marine" au Patrimoine de l’Humanité en 1999.

Les Baléares, un art de vivre

Si chaque île brille par sa singularité, elles se fédèrent néanmoins autour d’une vie locale qui reste propre aux insulaires des Baléares.
Parmi les instants les plus anecdotiques, ce moment où, au crépuscule, les habitants des petites communes se regroupent devant leur porte pour prendre le frais. Les chaises envahissent les trottoirs, les terrasses des cafés se remplissent quitte à déborder sur la chaussée. On vient pour partager quelques bières et tapas entre voisins.
Un pur moment de convivialité : car c’est cela, la vie aux Baléares, que l’on aime un peu, beaucoup, passionnément , à la folie !

Baléares chrono

  • De leurs origines mégalithiques, les îles Baléares ont hérité les talayots, tours de pierres de 5 à 10 m. Ces vestiges de l’âge d’or, appelé période "talayotique" (entre 1600 et 800 av. J.-C.), sont d’anciennes forteresses militaires ou tours de guets. On en dénombre aujourd’hui plus de 200 dans l’archipel.
  • Véritable mirador vers l’Orient, les îles Baléares ont tôt fait d’être l’objet de convoitises des Carthaginois et Romains suivis des Vandales, Byzantins et Maures.
  • En 1229, comme dans toute l’Espagne, les Baléares connaissent la reconquête chrétienne menée par Jacques 1er d’Aragon.
  • En pleine guerre de Succession Espagnole, les Anglais annexent Minorque de 1708 à 1781.
  • En 1983, l’ensemble de l’archipel devient une communauté autonome. On compte aujourd’hui plus de 1.100.000 habitants. Majorque avec ses 3.640 km2 est la plus grande de toutes. Palma, sa capitale, accueille l’ensemble des institutions de l’archipel et les deux langues officielles sont le catalan et le castillan.

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