Carnet de voyage en Estrémadure, récit de Justine, conceptrice voyages chez Terra España

Il s’agit d’une région peu connue qui offre la possibilité de découvrir une Espagne authentique et préservée du tourisme de masse…. L’idéal pour sortir des sentiers battus et vivre une expérience unique !

Alors prenez place à bord de ma petite Polo et attachez vos ceintures !

Commençons ce beau périple à Aracena, en Andalousie, où un premier arrêt s’impose afin de visiter un séchoir de jambons. Ce séchoir appartient à une entreprise familiale qui ne cherche pas la quantité mais la qualité. C’est Charlotte, une jeune française passionnée, qui se charge de me faire découvrir les installations depuis la visite des cochons noirs dans la dehesa (prairie ponctuée de chênes-lièges et chênes verts) jusqu’à la dégustation du succulent jambon en passant par le salage et séchage. L’agréable visite se termine par une dégustation de jambon avec un petit examen au passage… Et vous, seriez-vous capables de différencier un jambon 100% ibérique de bellota (Pata Negra) d’un serrano ? Bonne chance !

Reprenons la route vers le nord et changeons de région… Nous y voici : Extremadura !

Mon premier arrêt s’effectuera dans la petite Séville comme on la surnomme. Il s’agit de Zafra. Elle tient ce surnom car ces ruelles et ses maisons rappellent la belle capitale Andalouse. María Jesús sera ma guide pour la visite de cette petite ville du Sud de l’Estrémadure qui est aussi l’une des plus anciennes de la région. En arrivant à Zafra, vous ne pourrez pas manquer les 9 tours rondes merveilleusement bien conservées qui entourent l’ancien Alcazar (converti aujourd’hui en hôtel Parador). Dans l’enceinte du Parador se trouve d’ailleurs un magnifique patio de la Renaissance avec une fontaine en son centre.

Cette première journée s’achève par un succulent dîner au restaurant Rex Numitor et une nuit dans un lieu insolite : une maison romaine réhabilitée par un couple de passionnés. Dans cet hôtel boutique rural rien n’est laissé au hasard… L’hébergement constitue une expérience à part entière !

Après une bonne nuit de sommeil, je suis d’attaque pour la visite de Mérida avec la très compétente archéologue : Eulalia. Actuelle capitale de l’Estrémadure, cette ville eut son âge d’or à l’époque romaine puisqu’elle fut capitale de la Lusitanie (Province romaine qui englobait l’Estrémadure, la province de Salamanque ainsi qu’une grande partie du Portugal). Ce passé glorieux est largement reflété dans l’héritage architectural très bien conservé que vous retrouverez aujourd’hui à Mérida. Cette ville est un véritable musée à ciel à ouvert : théâtre, amphithéâtre, cirque romain, aqueduc, temple de Diane, Alcazaba, pont romain… Sans oublier son musée national d’Art Romain (le plus complet d’Espagne).

Ma route continue, toujours vers le Nord. Après 1h30 et de nombreux virages sur la fin du parcours, c’est un monastère absolument gigantesque qui me surprend… Et oui, me voici dans un village un peu perdu au milieu de montagnes verdoyantes : Guadalupe ! Il se peut que se nom vous évoque plus l’Amérique Latine que l’Espagne avec la fameuse vierge de Guadalupe, et vous avez raison car le petit village de Guadalupe et les Amériques sont très liés. En effet, c’est dans ce monastère que Christophe Colomb fut reçu par les Rois Catholiques espagnols avant de partir pour la conquête du nouveau monde. C’est également dans le baptistère situé juste à l’entrée du monastère que furent baptisés les premiers indigènes. La visite du monastère est, sans l’ombre d’un doute, un incontournable.

En plus de la visite du monastère, j’ai aussi fait un petit tour dans les petites rues étroites de l’ancien quartier juif. La rue la plus représentative du village est bien entendu la Calle Sevilla : sinueuse, étroite, remplie de plantes vertes sous ses magnifiques arcades…  Ici on dirait que le temps s’est arrêté.

Je reprends la route pour me diriger vers un autre lieu très lié à la conquête des Amériques : Trujillo. C’est une fois encore la très sympathique María Jesús qui me fera la visite de cette petite ville aussi surnommée : « ville des conquistadors ». Trujillo est notamment la ville d’origine de Francisco Pizarro (Conquistador du Pérou) et sa statue trône sur l’imposante Plaza Mayor. Cette cité médiévale s’est enrichie avec le retour des conquistadors dans leur ville d’origine où ils commencèrent à construire ou rénover des palais.

De nos jours, la ville est un véritable bijou architectural qui a énormément de charme… De nuit, le charme opère encore mieux avec ses agréables petites rues pavées, ses monuments en pierre apparentes et ses nombreuses églises et couvents. Sur la partie haute de la ville se trouve le château de Trujillo qui date de l’époque musulmane. Une homogénéité et une harmonie règnent sur cette ville. Pour moi, Trujillo a été une vraie belle surprise. C’est dans cette ville enchantée que se termine cette journée bien complète.

Une nouvelle journée débute, me voici désormais à quelques kilomètres de Careces, aux Barruecos (monument naturel) situés à Malpartida. Aujourd’hui, je serai accompagnée de la jeune et souriante Paloma. Nous commençons par la visite du centre d’interprétation des Barruecos. Pour vous remettre un petit peu dans le contexte, les Barruecos sont des formations géologiques uniques en leur genre…. Avec le passage des années, des blocs de granite se sont dégradés et ont fini par donner des monolithes ronds. Ces formes très curieuses rappellent certaines fois des animaux ou des objets (requin, bombe…). Ce sont de véritables sculptures modelées par la nature. Ces blocs de granites de forme rondes sont répartis sur un territoire assez vaste et sont entourés de quelques points d’eau (charca) construits par l’homme il y a de nombreuses années.

En plus de cette formation géologique, la faune n’est pas en reste puisque c’est ici que les cigognes noires viennent pendant une période de l’année… Vous aurez la chance de voir leurs énormes nids (pouvant peser plus de 500 kg) au sommet des blocs de granites. Ce paysage est saisissant et poétique ! Si poétique que c’est en ce lieu que l’artiste allemand Wolf Vostell a décidé d’installer son musée : Musée Vostell-Malpartida. Cet artiste qui était peintre, sculpteur, pionnier du vidéoart et l’une des figures les plus importantes du mouvement Fluxus a vu en ce paysage une œuvre d’art à part entière. Il a su insérer avec brio le paysage des Barruecos dans son musée…

Une fois la visite du musée et la balade des Barruecos terminées, partons en direction de Caceres.

Cette ville a un centre historique médiéval absolument grandiose ! Vous ne pouvez pas passer à côté de Caceres lors d’un voyage en Estrémadure…Cela serait un sacrilège ! Caceres dispose de l’un des centres historiques les mieux conservés du monde avec ses rues pavées, ses magnifiques palais et maisons fortifiées, ses 2 aljibes (puits), son quartier juif et ses remparts de l’époque de l’Espagne musulmane. Marcher dans les rues de Caceres vous plonge dans le passé à différentes époques qui s’entremêlent avec une très belle harmonie… La nuit, la ville retrouve son calme et il est encore plus agréable de s’y promener pour flâner tranquillement.

Je reprends la route ce matin vers le Nord en direction de Plasencia. Cette petite ville aux 2 cathédrales est un point stratégique où loger si vous souhaiter visiter les pépites naturelles dont regorge le nord de l’Estrémadure. Je passerai ma journée avec Fabien, professeur de spéléologie et passionné de canyoning. C’est lui qui sera chargé de me faire découvrir la magnifique Vallée du Jerte surtout connue pour ses arbres fruitiers (dont les cerisiers) plantés en terrasse dans toute la vallée.

 

La journée s’annonce très très pluvieuse… Nous commençons donc par visiter un endroit au sec : le musée du Jarramplas dans le village de Piornal. Le Jarramplas est une tradition qui déchaîne les passions pendant 2 jours au cours du mois de janvier. Ce personnage représente un voleur de bétail qui est châtié par tout le village pour le délit qu’il commit… Le châtiment de ce pauvre Jarramplas est de recevoir des navets lancés par l’ensemble de la population. La personne ayant l’honneur (car, oui, il s’agit d’un honneur pour les habitants) de porter ce déguisement, devra faire preuve d’une grande force psychologique pour supporter les coups incessants de tous les navets qui lui sont lancés. Le but de la personne endossant cette armure de fer est de tenir le plus longtemps possible sans déclarer forfait. Une expérience insolite dont tous les habitants du village rêvent d’être le protagoniste (la liste d’attente pour être Jarramplas est très longue…).

Une fois la visite du musée terminée, nous partons à la découverte des plus belles cascades de la Vallée du Jerte. Nous avons beaucoup de chance car ce temps très pluvieux nous offre des cascades en pleine puissance… J’en prends plein la vue ! Pour s’approcher au plus près de quelques-unes des cascades et profiter pleinement la Vallée du Jerte, il est indispensable de disposer d’un véhicule tout-terrain et d’être avec quelqu’un qui connaisse les petits chemins. Pour ma part, j’ai beaucoup de chance car Fabien connait la région et il dispose d’un véhicule adapté !

Après notre visite aux cascades, nous partons reprendre des forces dans un restaurant authentique avant de repartir à la découverte de la pépite absolue de la vallée du Jerte : La Garganta de los infiernos (la gorge des enfers). Ce lieu emblématique de la vallée attire énormément de visiteurs surtout en été et au printemps car à cette période de l’année la gorge des enfers se transforme en piscine naturelle. Les magnifiques marmites de géant (uniques en leur genre de par leur nombre) sont absolument éblouissantes !

Pour cette dernière journée, le soleil me fait l’honneur de sa présence ! Aujourd’hui je serai accompagnée du très gentil et compétent David pour partir à la découverte du Parc National de Monfragüe. Nous partons de l’hôtel situé à Plasencia à bord de son 4×4 et nous rendons dans la réserve de la biosphère qui entoure le parc national. La réserve de la biosphère est de toute beauté avec son immense dehesa (Prairie composée de chêne-liège et chêne-vert qui font le bonheur des cochons ibériques comme à Aracena) très bien entretenue. En tout honnêteté, il s’agit de la dehesa la plus jolie que j’aie vu en Espagne.

Après notre magnifique tour dans la dehesa, nous voici au cœur du sujet : le parc national de Monfragüe. Ce parc est une référence pour les passionnés d’ornithologie car de nombreux oiseaux y nichent et sont facilement observables. Les yeux aiguisés de David repèrent très facilement les oiseaux et les animaux afin que nous puissions les observer avec des jumelles très puissantes. J’en prends plein la vue : un cerf, un faucon pèlerin, des cigognes noires, une colonie de grues, des vautours fauves, des vautours noirs…

Nous terminons notre visite du parc en passant par le fameux salto del gitano puis nous montons au château de Monfragüe d’où la vue à 360° est magnifique… Nous dominons l’ensemble du parc national ainsi que la réserve de la biosphère. Et nous terminons cette journée ensemble en partant manger dans le seul village situé dans l’enceinte du parc national : Villareal de San Carlos.

Les explications données par David représentent une vraie valeur ajoutée… Ce Lillois passionné par la nature et par les oiseaux a réussi à me transmettre ses connaissances avec beaucoup de pédagogie et de simplicité. Je suis très impressionnée par son savoir et très heureuse de l’avoir eu comme guide pendant cette journée.

Mon retour en Andalousie sonne ce matin et je repars dans mes terres du Sud avec des souvenirs plein la tête d’une Estrémadure très surprenante.

Je tenais à remercier toutes les personnes que j’ai rencontrées lors des différentes étapes de mon séjour ainsi que la Junta de Extremadura et tout particulièrement María qui m’a organisé ce séjour incroyable.

Contactez-moi pour en savoir plus sur son séjour en Estrémadure, et jetez un oeil à nos circuits dédiés à cette belle région !