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Les Canaries, des volcans aux fonds sous-marins
Par Emmanuelle Poiret

A une centaine de kilomètres du littoral marocain, souffle comme un vent ibérique venu de cet archipel voisin appelé Les Canaries. Effleurant du bout de leurs îles le continent africain, Les Canaries font partie (avec le Cap Vert, les Açores, Madère et les îles Selvagens) de la Macaronésie.
Communautés autonomes d’Espagne, elles se divisent en deux provinces avec Las Palmas et Santa Cruz de Tenerife, et sept îles principales répondant aux noms de Lanzarote et Fuerteventura (à l’est), Tenerife, Gran Canaria et La Gomera (au centre), La Palma et El Hierro (à l’ouest).
Telle la palette d’un peintre, les sept îles de l’archipel se déclinent en différents tons et couleurs allant du rouge vif des volcans au bleu cristallin de l’océan. Rien d’étonnant alors, avec un tel chiffre porte-bonheur, que cet ensemble paradisiaque ait été surnommé "îles Fortunées" ou "îles des bienheureux"...
Complètement déconnectée du continent ibérique, cette belle étendue offre pourtant un savoureux mélange d’influences hispano-marocaines.

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Carte des Canaries

Noir comme la roche volcanique de Lanzarote

Sur l’île de Lanzarote sommeille un paysage volcanique, pour ne pas dire lunaire, qui ondule sous les reflets de la lave solidifiée. On y dénombre de nombreux cônes volcaniques (au moins 300 cratères) dont certains sont assez récents : les éruptions des XVIIIe et XIXe siècles, qui transformèrent la physionomie de l’île, expliquent aujourd’hui la présence d’une végétation très curieuse classant l’île entière Réserve de la Biosphère par l’UNESCO.
Au sud du Parc national de Timanfaya, dans la vallée de la Geria, s’offre à la vue un spectacle à nul autre pareil : plantés dans la terre noire, des pieds de vigne sont protégés du vent par des murs semi-circulaires de roches volcaniques permettant également de conserver l’humidité de la terre, dessinant un paysage fantasmagorique.

Jaune comme les plages paradisiaques de Fuerteventura

A Fuerteventura, l’aridité rappelle que le Sahara n’est pas loin. Des plages de sable doré parmi les plus belles de l’archipel s’étendent à perte de vue. Seuls les immenses champs de dunes viennent troubler ce paysage quasi-désertique.
Pour rompre avec la sérénité de ces plaines, quelques moulins à vent se dressent sous un soleil généreux. Accrochés aux flancs de ses petites montagnes, se trouvent les villages les plus pittoresques des Canaries comme Antigua, Pajara ou Betancuria.

Blanc comme les charmants villages de Gran Canaria

Gran Canaria est certainement l’île la plus complète. Si elle concentre la majeure partie de la population de l’archipel, elle offre, au-delà de son tissu urbain, plages, volcans et forêts verdoyantes.
Pour ceux qui désirent la tranquillité, l’île ne manque pas de petits villages de charme, comme Santa Lucia, Fataga ou Arteara.

Ocre comme la terre qui habille le volcan de Tenerife

Sur Tenerife veille depuis 500.000 ans le Teide, le troisième plus grand volcan au monde depuis sa base, derrière le Mauna Loa et le Mauna Kea à Hawaï. Il repose sur la caldeira de las Cañadas (dépression due à l’activité volcanique et située à 2000 mètres d’altitude) et s’élève lui-même à 3.718 mètres.
Les odeurs de souffre qui s’échappent des solfatares (fumerolles de vapeur d’eau) nous rappellent que le volcan est encore actif. Nombreux sont les randonneurs à redoubler d’ardeur pour venir taquiner le sommet de l’imposant volcan. Cet engouement est désormais contrôlé, ce qui permet de protéger cet espace naturel qu’est le Parc National du Teide, inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Vert comme la forêt dense de Gomera

Ecartée de toute civilisation, Gomera a pu préserver l’un des joyaux de l’archipel, le Parc National de Garajonay, classé au Patrimoine mondial par l’UNESCO en 1986. Cette île qui séduit par son côté sauvage est appréciée pour l’exotisme de ses vallées verdoyantes et sa forêt millénaire de lauracées, formant une sorte de serre gigantesque qui tapisse le parc.
Cette mise à l’écart du monde civilisé a également permis à la Gomera de conserver des traditions ancestrales comme le "silbo", ou langage sifflé et articulé au moyen duquel les bergers communiquent entre eux au sein des ravins.
Petite avec ses 370 km2, elle est pourtant un exemple en termes de tourisme alternatif.

Rouge comme la cascade de couleurs de La Palma

L’altitude des montagnes de La Palma associée à l’obscurité de son ciel a favorisé l’installation de l’un des observatoires astronomiques les plus importants de l’hémisphère nord. Qui plus est, depuis la Roque de los Muchachos, l’observatoire offre une vue plongeante sur l’un des cratères les plus grands du monde, la Caldera de Taburiente.
Classé Parc national depuis 1954, il s’agit d’un gigantesque cirque d’environ 10 kilomètres de diamètre, pour une petite trentaine de kilomètres de périmètre et plus de 1500 mètres de profondeur. Si de nuit son ciel se tapisse des plus belles étoiles, de jour, le parc réserve de belles découvertes comme la Cascada de Colores dont la roche rouge finit par teinter de la même couleur l’eau qui s’amasse à ses pieds.

Bleu comme les fonds sous-marins de Hierro

La plus discrète et la plus mystérieuse est sans aucun doute Hierro. Truffée de légendes et mythes, l’île du bout du monde fascine aussi pour ses fonds sous-marins. Classée tout entière réserve de la biosphère de l’Unesco, Hierro offre des paysages insolites et des piscines naturelles comme l’on peut en trouver sur Lanzarote à El Golfo.
Ici, place aux minimalistes, à ces grands rêveurs et voyageurs qui aiment quand l’homme a laissé la nature faire du sur-mesure.

Les Guanches, premiers habitants des Canaries

  • Les aborigènes des Canaries, appelés Guanches, étaient une communauté d’origine berbère qui vivait dans de grands villages à structure semi-urbaine ou dans des grottes. Leur activité se centrait principalement autour de l’agriculture, l’élevage et la pêche.
  • Dans cette microsociété, les Guanches agissaient sous l’autorité des nobles qui dirigeaient l’économie et exerçaient le contrôle sur le bétail.
  • Incarné par le Faycán, le culte religieux bénéficiait du soutien des Harimaguadas, les femmes issues de la noblesse consacrées au culte.
  • La conquête espagnole mit un terme à cette communauté du bout du monde. La plupart des Guanches furent décimés, les autres vendus comme esclaves, convertis ou mariés aux conquérants.
  • Malgré cet acharnement dévastateur, quelques vestiges et traditions ancestrales ont perduré sur l’île, comme le langage sifflé Silbo encore pratiqué aujourd’hui sur l’île de la Gomera.

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