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La Galice

La Galice : une identité forte
Par Sandrine Bavard

Au Nord-Ouest de l’Espagne, dans cet autre Finistère léché par les vagues de l’Atlantique, la Galice a su préserver sa langue, sa culture et ses traditions. La région, avec ses 2 760 000 habitants, dispose d’un atout majeur : Saint-Jacques de Compostelle, un site incontournable pour des milliers de pèlerins.

La Galice est un peu une région à part en Espagne, une terre qui se jette dans l’océan Atlantique, une terre balayée par les vents et les pluies, rappelant davantage la Bretagne ou l’Irlande avec son climat océanique et ses traditions celtes.
La région est limitée au nord et à l’ouest par l’océan Atlantique, au sud par le Portugal, et à l’est par la principauté des Asturies et la région de Castille-León.
La région a toujours été tournée vers la mer, comme en témoignent les ports de commerce, de pêche, et transatlantique, mais aussi les nombreuses conserveries ou les sites de constructions navales.

Histoire de la Galice

La Galice a été occupée dès le Mégalithique, comme le prouvent les milliers de dolmens répartis dans toute la région. A l’âge de fer, des peuples celtes abandonnèrent leur vie itinérante pour s’installer dans des hameaux, ce qu’on appelle en Galice des "castros ", des villages fortifiés, la plupart situés sur les montagnes ou à proximité des côtes pour mieux se défendre de l’envahisseur.
Mais face au rouleau compresseur romain, débarqué en 137 avant Jésus-Christ, rien à faire ! La Galice devient alors une province romaine, dotée de plusieurs capitales (Braga, Lugo, Astorga) et d’infrastructures telles que des voies, des phares, des structures de défense, comme la Muraille de Lugo. En 411, la province romaine devient le royaume de Suève, puis passe entre les mains des Wisigoth en 584. En 711, les Maures mettent fin à la domination wisigothe dans la péninsule Ibérique, mais leur influence reste faible en Galice.
C’est même depuis le royaume de Galice que survient le sursaut chrétien au fur et à mesure de la Reconquista. Il devient un important centre du pouvoir jusqu’au XIIIe siècle. Il perd ensuite son indépendance politique et administrative avec l’arrivée au pouvoir des Rois catholiques, jusqu’à disparaître totalement en 1833.
Aujourd’hui, la Galice est une communauté autonome, avec un statut de nation historique reconnue par la constitution de 1978, à l’instar de la Catalogne et du Pays basque.

Le pèlerinage de Saint-Jacques

La capitale politique de la Galice est Saint-Jacques de Compostelle, troisième ville sainte pour les chrétiens après Jérusalem et Rome, connue dans le monde entier pour son pèlerinage. Au IXe siècle, un ermite, guidé par une étoile mystérieuse, découvre le tombeau contenant les restes attribués à l’apôtre Jacques le Majeur, parti évangéliser l’Espagne à la mort du Christ. Alphonse II, roi des Asturies et de Galice, décide alors d’ériger une basilique à cet emplacement. Les miracles se multiplient, attirant une foule de pèlerins, notamment entre le XIIe et le XIVe siècle. Les chemins de Compostelle connaissent un regain d’intérêt à la fin du XIXe siècle, qui ne se dément pas aujourd’hui, puisque 100 000 visiteurs s’y rendent chaque année.

Les villes de Galice

Mais Saint-Jacques de Compostelle n’est pas la plus grande ville de Galice. Elle est devancée notamment par La Corogne, principal moteur économique de la région, surnommée la ville de cristal pour son ensemble de galeries vitrées du XIXe siècle, et par Vigo, une ville industrielle et maritime, premier port de pêche en Europe qui vit de la pêche, des conserveries et de la construction navale. La Galice compte quatre capitales provinciales : La Corogne, Pontevedra, Orense et Lugo.
Parmi les villes touristiques, citons Tui, à la frontière avec le Portugal, classée site historique, qui possède une cathédrale romane et gothique, l’église romane de San Bartolomé et l’église baroque de San Telmo. La ville d’Allariz s’enorgueillit également de nombreux temples préromans, romans et gothiques : elle a d’ailleurs reçu un prix pour la restauration de son patrimoine en 1994.

Les sites naturels

La Galice attire surtout les touristes pour son littoral où se succèdent estuaires, hautes falaises, petits ports de pêche, plages, criques, et stations balnéaires. Les rías Altas, au nord de la Galice, entre Ribadeo et Ferrol, sont découpées par des hautes falaises qui se jettent dans la mer. A Ribadeo, la plage des cathédrales est une des plus impressionnantes d’Europe : les forces de la nature y ont sculpté des arcs de plus de 30 mètres de haut !
Au Sud, les Rías Bajas forment des paysages éblouissants, où la mer s’enfonce dans les terres, alternant coins sauvages et stations balnéaires très fréquentées. Dans le parc naturel de Corrubedo, paradis pour les oiseaux, on vient admirer une dune de plus d’un kilomètre de long et profiter des plages.
Dans l’arrière-pays, on découvre des paysages vallonnés et verdoyants, des petites routes de campagne et de nombreuses forêts. C’est dans ces paysages, surtout quand la brume s’en mêle, que sont nées dans l’imaginaire populaire les meigas (sorcières) et la Santa Compaña (procession d’âmes en peine).

Traditions

La Galice est fière de cultiver ses particularités. Elle possède sa propre langue, le galicien, langue officielle avec le castillan, assez proche du portugais, enseignée dès l’école primaire et très utilisée dans le cercle familial.
La Galice, même si sa langue n’est pas d’origine celtique contrairement à la Bretagne, l’Irlande, ou l’Ecosse, revendique une culture celte à travers sa musique traditionnelle, et son instrument phare : la gaita gallega, la cornemuse d’ici.

Gastronomie

On recense quelques 300 fêtes gastronomiques par an en Galice, c’est dire l’importance de la nourriture dans cette région. Avec un littoral long de plus de 1000 km, il est évident que les produits de la mer se retrouvent sur toutes les bonnes tables : coques, palourdes, langoustines, araignées de mer, couteaux, pouces-pieds, poulpes…
Si on la trouve un peu partout en Espagne et même en Amérique du Sud, l’empanada est une tradition en Galice : c’est une tourte garnie de thon, de sardines ou de bœuf, agrémentée de sauce tomate, oignons ou autres. Autre tradition ancestrale : la fameuse tarte de Saint-Jacques de Compostelle, à base d’amandes, que l’on sert aux pèlerins.
La Galice produit aussi de bons vins, avec cinq aires qui bénéficient d’un système d’appellation (Denominacíon de Origen en espagnol) : Ribeiro, Valdeorras, Rías Baixas, Monterrei, Ribeira Sacra.

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