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Histoire de l’Andalousie : au carrefour des civilisations
Par Sandrine Bavard

Que ce soit à l’époque de la civilisation maure ou à la faveur de la découverte du nouveau monde, l’Andalousie a connu un incroyable rayonnement au cours des siècles. Il suffit de visiter les villes de Cordoue, Séville ou Grenade pour s’en convaincre…
Lieu de passage entre la Méditerranée et l’Europe, avec une terre fertile et un sous-sol riche, l’Andalousie va être convoitée et colonisée par de nombreux peuples au cours des siècles.
De part et d’autre du Guadalquivir, elle s’appelait autrefois royaume de Tartessos, première monarchie de l’Europe de l’Ouest, dotée de sa propre écriture, de sa propre langue et de grandes richesses (bronze, argent, or, étain ...) et commerçait déjà avec les Grecs et les Phéniciens.
Au XIe siècle avant J.C, tandis que les premiers s’implantent sur les côtes au nord-est, les seconds installent des comptoirs sur les côtes du sud comme à Cadix, une des plus vieilles villes d’Europe !
Ils tombent ensuite sous la coupe des Carthaginois qui colonisent tout le pourtour de la Méditerranée.

L’Andalousie des Romains (IIIe siècle avant J.C.)

Mais les Romains ne l’entendent pas de cette oreille : ils mènent la Deuxième Guerre punique contre les Carthaginois et s’implantent durablement en Ibérie pendant sept siècles. La province bétique, comme ils appellent alors l’Andalousie, approvisionne l’Empire romain en métaux (or, cuivre, plomb et argent …) et en nourriture (vins, huile et blé).
Elle donnera aussi de nombreux écrivains et philosophes, comme Sénèque de Cordoue, et deux empereurs nés hors d’Italie : Trajan et Hadrien.
Les invasions germaniques mettent fin à la domination romaine à partir du Ve siècle : il y a d’abord les Vandales, qui s’installent dans la vallée du Guadalquivir et au Nord de l’Afrique, qui laisseront le nom de… Vandalousie, puis les Wisigoths qui vont régner jusqu’en 711 et la prise de pouvoirs des Maures.

L’Andalousie musulmane (711-1492)

En 711, une armée de 12 000 soldats, en grande majorité des Berbères, commandés par le gouverneur de Tanger Tariq ibn Ziyad, débarque en Espagne par le détroit de Gibraltar. Ils prennent rapidement les villes de Séville, Ecija et Cordoue, et frappent cinq ans plus tard la monnaie du nom d’al-Andalous, qui désigne l’Espagne musulmane par rapport à l’Espagne des Chrétiens.
L’Andalousie n’est qu’une petite partie de ce territoire, mais l’une des régions les plus influentes : Cordoue devient un centre culturel, politique et économique, à son apogée en 929 quand elle devient capitale de l’émirat de Cordoue fondé par le prince omeyyade Abd al-Rahman Ier, puis un califat indépendant. La ville rivalise avec celle de Bagdad : elle est l’une des plus peuplées d’Occident, l’une des plus riches et puissantes aussi, avec son palais califal, sa grande mosquée, ses bains publics, son industrie du livre, son artisanat du cuir (le mot cordonnerie est dérivé de Cordoue) …
Au début du XIe siècle, le califat est en crise. A l’extérieur, iI est menacé par les royaumes chrétiens au nord de la péninsule et les empires nord-africains au sud. A l’intérieur, il éclate en des dizaines de petits états, les taïfas. Durant cette période instable, le pouvoir change souvent de mains et les dynasties se succèdent en Andalousie : les Almoravides à Grenade (1009-1110), les Almohades à Séville (1144-1170) puis finalement les Nasrides à Grenade (1232-1492). Ces derniers jouèrent un grand rôle dans l’histoire et dans les arts, car c’est à l’émir Al-Ahmar que l’on doit la construction d’une résidence fortifiée qui éblouira encore les visiteurs pendant des siècles : le palais de l’Alhambra.

1492, Reconquête et Conquête

Mais le début du règne des Nasrides est déjà marqué par la reconquête rapide des territoires musulmans par les chrétiens, ce qu’on appelle la Reconquista.
Elle s’accélère au XIIIe siècle quand Ferdinand III, roi de Castille, s’empare de toute la vallée du Guadalquivir et des villes symboliques : Cordoue en 1236, Jaén en 1246, Séville en 1248…
Deux siècles plus tard, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, à qui le pape donnera le titre de "rois catholiques", s’emparent de Grenade, ultime bastion de l’islam en Espagne, mettant fin à sept siècles de domination musulmane et réalisant ainsi l’unité du pays. On est en 1492.

Le siècle d’or andalou

Débarrassé des guerres, Ferdinand d’Aragon peut apporter tout son soutien, non plus à la Reconquête, mais à la Conquête tout court, celle du Nouveau Monde. C’est de Huelva, port andalou, que part Christophe Colomb qui découvre l’Amérique en 1492. Et c’est Séville, puis Cadix, qui obtiennent le monopole des échanges entre l’Europe et l’Amérique.
L’Andalousie entre dans son siècle d’or et les villes se métamorphosent : Séville devient la plus grande ville d’Espagne et l’une des plus importantes d’Europe.
Les plus belles cathédrales d’Andalousie sortent de terre, le commerce est plus florissant que jamais. Toutes les villes profitent des richesses du Nouveau Monde : Burgos, Grenade, Malaga, Úbeda, Baeza, Jaén, Valladolid …

XVIIe siècle : le déclin

Et pourtant, au siècle suivant, sous les règnes de Philippe III et surtout Philippe IV, l’Espagne accumule les défaites militaires et perd de sa superbe. La population est décimée par des épidémies de peste et l’expulsion des Morisques (Maures christianisés).
Les terres sont redistribuées à de grands propriétaires, au détriment des paysans andalous, et le déclin des campagnes s’amorce. Les villes souffrent aussi avec une diminution de l’activité industrielle et du commerce maritime. Des émeutes et révoltes secouent le territoire.

XVIIe siècle : la chute d’un empire

En 1701, le roi Charles II meurt, ouvrant la guerre de Succession d’Espagne, qui met aux prises toutes les puissances européennes et qui place finalement sur le trône Philippe d’Anjou, de la maison des Bourbons. L’histoire de l’Andalousie se confond alors avec celle de l’Espagne, et devient le théâtre de batailles restées dans l’histoire : en 1704, la couronne espagnole perd Gibraltar au profit de l’Angleterre. En 1805, les troupes britanniques remportent une nouvelle victoire contre la flotte franco-espagnole, alliant Charles IV et Napoléon, lors de la bataille de Trafalgar. Napoléon n’a pas dit son dernier mot et envahit la péninsule ibérique, mais est arrêté par les Andalous à la bataille de Bailén en 1808.
A l’autre bout du monde, les colonies d’Amérique en profitent pour réclamer leur indépendance, de la Bolivie au Mexique en passant par Cuba.
A l’intérieur du pays, l’instabilité politique est grande, entre libéraux et monarchistes, progressistes ou conservateurs, marquée par plusieurs coups d’Etat.
Au tournant du siècle, l’Espagne est affaiblie aux plans politique et écono-mique. La chute est encore plus rude pour l’Andalousie, passée d’une des régions les plus riches du monde à l’une des plus pauvres d’Espagne.

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